Thomas Anderson partage le sort de millions de bureaucrates anonymes, les yeux constamment rivés vers leurs ordinateurs, sous les ordres de supérieurs exigeants. La nuit et tout le reste du temps, sous le pseudo de Neo, il renaît, créant ses propres programmes, semant ses virus dans les circuits officiels et multipliant à plaisir les délits informatiques. A cheval entre deux mondes, Neo est assailli de songes étranges. Des messages cryptés, provenant d'un certain Morpheus, l'invitent à aller au-delà des apparences, à briser ses chaînes... jusqu'au jour où Morpheus finit par le ramener jusqu'à lui dans un but bien précis: Lutter contre l'omnipotence de la Matrice.
   
   
Pour Morpheus, le doute n'est pas permis, l'Oracle a parlé: Neo est l'élu, ce libérateur mythique, capable de mettre en échec la Matrice et ses féroces Agents qui la défendent. Neo se prête à une expérience qui engage sa vie, son avenir et celui de toute l'espèce humaine. Grâce à Morpheus, son équipage et le matériel dont il dipose, connecté aux circuits de la Matrice, Neo se voit libérer de la Matrice et découvre notre monde en ruines et des millions d'êtres humains privés de leur énergie vitale et réduits en esclavage face aux machines disposant d'une intelligence artificielle que les hommes n'ont pas su maîtriser.

En bref, les machines nous cultivent afin de s'octroyer l'énergie produite par nos cellules, enfermant notre esprit dans ce que l'on pense être la réalité mais qui n'est autre que la Matrice. Sous la tutelle de Morpheus, il acquiert alors le savoir, la rapidité et la force physique nécessaires à son combat, apprend à dompter sa peur, à libérer son esprit, à s'affranchir de ses doutes. La prophétie est sur le point de se réaliser, la lutte va pouvoir commencer...
   
   
Matrix présente un monde en ruines que des machines intelligentes se sont approprié. L'homme n'y est plus qu'un carburant, inconscient et cultivé comme des poireaux dans des gigantesques serres. Son esprit est projeté dans un monde virtuel où il a l’illusion de mener une vie normale. Telle est l'idée du film des frères Wachowski, Andy et Larry. Les réalisateurs nous projettent dans un univers cyber déroutant où la frontière entre le monde réel et le monde virtuel est tellement proche qu'on se demande ou est la réalité.

L'un des points forts du film reste la vision novatrice que proposent les réalisateurs de la science-fiction. Un conseil : oubliez tout ce que vous connaissez à propos de ce genre car Matrix le révolutionne. Alors que l'on pensait que tout avait été dit et fait en science-fiction, les frères Wachowski ouvrent une brèche dans laquelle, beaucoup vont s'engouffrer. Mais il s’agit également d’une oeuvre remarquable dans son manque d'originalité… Le cinéma américain étant ce qu'il est, rares sont les films vraiment novateurs. Matrix emprunte librement, et sans le cacher, le passé cinématographique sans pour autant être une collection de références: L'originalité naît de la juxtaposition et de la justesse des emprunts. Le film offre un divertissement sans pareil dans le cinéma moderne en célébrant tout ce qu'il y a de mieux dans le cinéma de fiction commercial.
   
   
   


 
   
Les machines ont réussi à localiser Zion, le dernier bastion humain caché au centre de la Terre. Des milliers de sentinelles s'apprêtent à anéantir ce dernier refuge de l'humanité. Fort heureusement, un vaisseau a pu alerter les habitants avant de succomber à un assaut de sentinelles. La résistance se prépare à l'affrontement mais face à une telle attaque, tous les espoirs se tournent vers Neo, celui que l'Oracle à désigné comme l'Élu, le seul à pouvoir mettre un terme à ce conflit, de part ces pouvoirs sur la Matrice.

Neo apprend à mieux contrôler ses dons, mais d'ici quelques heures, plus de 250 000 sentinelles programmées pour anéantir notre espèce atteindront Zion. Cependant, Morpheus galvanise les citoyens de la cité en leur rappelant les paroles de l'Oracle: il est encore temps pour l'Élu d'empêcher la guerre contre les machines. Tous les espoirs se reportent dès lors sur Neo. Au long de sa périlleuse plongée au sein de la Matrice et de sa propre destinée. Ce dernier se verra confronté à une résistance croissante, un retour plutôt inattendu de l'agent Smith, une vérité encore plus aveuglante ainsi que des choix encore plus douloureux que tout ce qu'il avait jamais imaginé...
   
   
Soyons clairs: Matrix Reloaded, deuxième volet de la trilogie superlative des frères Andy et Larry Wachowski, est très nettement supérieur à l'épisode précédent. A cela une raison simple : la pression économique, c'est un euphémisme, a disparu. La trilogie est désormais assurée d'un succès que beaucoup de professionnels refusaient d'envisager pour son premier volet, au point que Joel Silver, déjà producteur de la chose, souhaitant alors se prémunir d'un four, en avait vendu la moitié des droits juste avant la sortie. On pouvait reprocher à Matrix opus 1 ses promesses non tenues : une poignée de scènes mémorables et un infini blabla. Au-delà du coup d'Etat scopique constitué par l'illustre «effet Matrix» (le ralenti suspendu), les Wachowski l'avaient finalement joué petit bras. Avec l'opus 2, les compères n'avaient plus d'alibi pour ne pas se lâcher. On en voulait beaucoup plus ? On est servi.

Mais Matrix n'est pas un film, ou plutôt n'est pas que ça. C'est une marque, un sceau, une philosophie voudrait-on nous faire croire, mais surtout un marketing totalitairement lumineux. Pour la première fois, on nous présente un film qui n'est que la moitié d'un plus vaste objet (culturel ? commercial ? artistique ? politique ?), l'autre indispensable moitié étant le jeu vidéo (Enter The Matrix). La grande idée à l'oeuvre derrière le projet des frères Wachowski tient dans cette simple équation: si vous souhaitez vraiment plonger dans l'univers de Matrix, si vous voulez en percer tous les mystères, en expérimenter toutes les dimensions, alors vous devrez voir le film ET jouer au jeu.
   
   
Techniquement, ce prolongement du premier dans le second atteint des limites jamais percutées, avec le tournage exclusif de plusieurs heures de film supplémentaires, la révélation de clés inédites ou la modélisation numérique des acteurs prévue dès les contrats. Conceptuellement, la piste défrichée par les Wachowski est riche d'hypothèses passionnantes que l'on ne pourra mettre à l'épreuve des faits qu'en jouant une bonne partie, plus tard. Mais il est irrésistible pour un joueur découvrant le film de chercher à deviner ce qui, à l'écran, dessine la perspective d'un jeu qu'il fréquentera bientôt. Les références directes à l'univers vidéo-ludique commencent avec le premier personnage nommé dans le film : Link... (héros de la saga Zelda, faut-il le préciser). Sans même préjuger d'un gameplay qui reste à expérimenter, il semble évident que là où Matrix rejoint le mieux le coeur de la culture vidéo-ludique, c'est sur la question du temps.
   
   
Matrix Reloaded thématise à fond les puissances virales du «même» via la figure de l'agent Smith, sorte de col blanc venimeux capable de se démultiplier en escouades d'analogues, ivre de sa propre personne. C'est aussi le magnifique duo des jumeaux, capables de se métamorphoser en diables de synthèses similaires. Là encore, le monde du jeu pointe le bout de son nez et les gamers devraient reconnaître des problématiques du double le principe réplicatif qu'ils croisent fréquemment dans leurs activités virtuelles, peuplées d'ennemis dupliqués à l'infini. Même le couple central Neo et Trinity (Carrie-Anne Moss, vraiment bien) semble travaillé par la permutation des identités tant ils se ressemblent et s'assemblent : bruns livides à lunettes noires et physiques androgynes.

Bien plus que le premier, ce deuxième épisode marque une date dans l'usage esthétique des effets spéciaux 3D. Pas un plan qui ne soit trafiqué au numérique : les mouvements des personnages mais aussi des déplacements de caméras invraisemblables, tel ce slalom du regard sous les roues d'un camion en pleine course, dont la continuité est impossible à réaliser sans ordinateur. Les Wachowski et la monstrueuse équipe des effets visuels menée par John Gaeta ont voulu repousser toutes les limites et frapper les masses de stupeur par la sophistication et le grandiose des séquences successives.
   
   
   


 
   
Commençons par le début de la fin. Alors que son corps accuse un profond coma, l'esprit de Neo se retrouve coincé dans une sorte de "no man's land" situé entre le monde réel et la Matrice et farouchement gardé par l'homme du train. Ce dernier travaille pour le Mérovingien, qui a décidé de garder Neo dans cette prison de l'esprit sous forme de station de métro. C'est dans cet endroit que l'Elu rencontre un couple de programmes, Rama Kandra et Kamala, qui ont passé un "deal" avec le Français pour pouvoir sauver leur petite fille Sati, menacée d'effacement puisque, dans la logique de la Matrice, elle n'a pas de raison d'exister.

Aprés avoir rencontré l'Oracle, qui a changé d'apparence, Morpheus et Trinity rendent visite au Mérovingien et parviennent à lui extirper Neo qui, à son tour, exige certaines réponses de l'Oracle. C'est suite à cette discussion que Neo, accompagné de Trinity, décide d'emprunter un vaisseau et de se rendre à Zero One pour passer un pacte avec les machines afin de se débarrasser de Smith, dont les pouvoirs ne cessent de grandir. Pendant ce temps, tandis que Zion est en état d'alerte, Bane, toujours possédé par Smith, se réveille et s'introduit dans le vaisseau en partance pour Zero One, engageant ainsi un combat durant lequel Neo va perde ses yeux, alors même que sa vue s'accroît en présence des machines. Pendant que les braves de Zion cobattent sans relâche contre 250 000 sentinelles qui leur foncent droit dessus, Neo retourne dans une Matrice réduite à néant pour un ultime combat avec Smith qui, au préalable, aura investi le corps de l'Oracle...
   
   
Attendu, les yeux révulsés, par des millions de fans répartis aléatoirement dans le monde réel, le troisième volet des aventures de Neo a permis de replacer certaines choses à leur place; blessant quelques-uns dans leur orgueil et confirmant l'opiniâtreté des autres. Si Revolutions a fait deux fois moins d'entrée que Reloaded, lors de son premier week-end aux Etats-Unis, et a chuté de 70% en seconde semaine, on ne peut tout de même pas parler d'échecavec une prévision de 300% de bénéfices en fin de carrière. Plus que de déception, on parlera de surprise, tant au niveau des producteurs que du public. Alors que beaucoup restent encore les dents plantées dans la frustration de ne pas avoir eu leurs réponses philosophiques, on rappellera que les Wachowski ne se sont finalement jamais présentés en tant que philosophes du nouveau millénaire mais plutôt comme des surdoués de l'image, injectant ici et à leurs réérences de science-fiction, sans jamais chercher à rendre une oeuvre pamphlétaire.

Maintenant, on est bien obligés d'avouer qu'une seule vision de Matrix Revolutions ne suffit pas à en faire le tour vu que, comme son titre l'indique, les révolutions sont multiples.Demandez à un spectateur en 1968 de vous analyser de fond en comble "2001, L'Odyssée de l'espace" à la sortie de la première séance, et vous comprendrez bien qu'il n'a calculé que les mecs déquisés en singes et le foetus volant ! Matrix Revolutions, ainsi que le reste de la saga, fait partie du même mouvement cinématographique, de cette même race qui traite de la nature humaine en parlant de rien, mais surtout de tout, avec une profondeur et un esprit de synthèse comme seuls les véritables éponges culturelles en sont capables.
   
   
Si le premier Matrix se tenait narrativement et avait traumatisé son public de son esthétique S-M révolutionnaire, le second naturellement tourmenté la majorité par le nombre de questions qu'il posait, parfait stratège pour provoquer une avalanche d'envies concernant le dernier opus. Un deuxième volet qui, finalement, posait cartes sur table sur ce qui motivait réellement les frères Wachowski et qui allait être la nature propre de Revolutions, et par extension de toute la saga: l'action ! Les apparats idéologiques (et pour certains, messianiques) ne se révélant être qu'une redoutable couche de vernis sur leur ingénieux scénario, la série des Matrix laisse surtout derrière elle une nouvelle étape, une norme jusqu'ici inconnue du cinéma d'action. Soutenue par une vision futuriste digne des mangas les plus cataclysmiques et réinterprétant avec beauté les incroyables ballets martiaux venus du continent asiatique, l'oeuvre des frères Wachowski est, à n'en point douter, ce qui est arrivé de plus radical à Hollywood depuis les "Die Hard".
   
   
   


 
   
Larry et Andy ont toujours eu une vision de Matrix s'étendant bien au-delà du simple contexte cinématographique. L'univers qu'ils ont créé est si riche qu'il était nécessaire qu'il s'étende à d'autres médias, et donc au jeu vidéo, à l'animation et à Internet. Animatrix emmène les spectateurs beaucoup plus loin dans l'exploration des zones d'ombre de la Matrice que ne le faisait le premier long-métrage. Le public pourra ainsi découvrir de nombreux secrets, de nouvelles intrigues et de nouveaux personnages. Bien sûr, il n'est pas crucial de connaître Animatrix pour apprécier la trilogie des frères Wachowski, mais le plaisir en est décuplé. Matrix est un de ces rares films qui ne raconte pas seulement une histoire excitante, mais ouvre une fenêtre donnant sur un nouveau monde. Les frontières de la Matrice n'existent pas, ou plutôt si, mais elles dépassent de beaucoup es limites connues du cinéma. Animatrix est le premier genre de cette nouvelle manière de concevoir le Septième Art.
   
   
En clair, il s'agit d'une série de 9 courts métrages d'animation réalisés en tant que dessins animés traditionnels, mangas ou images de synthèses stupéfiantes de réalisme, qui devraient connaître une diffusion cet automne. Inspirés de l'univers des frères Larry et Andy Wachowski (qui ont participé à l'écriture de 4 épisodes), ces 9 films seront diffusés sur le site officiel, avant de connaître une diffusion en DVD le 12 juin 2003 (en France).
   
   
Développée par de nombreux artistes japonais (dont l'équipe de Square USA, auteur de Final Fantasy), la série Animatrix suivra les aventures de nouveaux personnages au cœur de la matrice, entre le premier épisode et les deux prochains volets de la saga. Si l'intrigue est gardée secrète, la production a révélé que le dernier film introduirait directement les longs métrages THE MATRIX RELOADED et THE MATRIX REVOLUTIONS. Ces courts métrages ne sont pas indispensables pour comprendre les films mais ils éclairent et apportent des indices supplémentaires...
   
   
Le projet Animatrix a germé dans l'esprit des frères Wachowski et du producteur Joël Silver dès 1997, au moment où la promotion internationale de Bound s'achevait et que débutait celle de Matrix. Le trio se trouvait alors à Tokyo pour donner une conférence de presse. Les frères en profitèrent pour être présentés à des artistes qu'ils admirent et qui oeuvrent dans le domaine de l'animation japonaise. C'est là qu'est née chez Andy et Larry la certitude qu'en collaborant avec ces réalisateurs ils seraient en mesure d'enrichir l'univers de la Matrice. "Les frères Wachowski sont de grands fans d'animation japonaise", révèle Michael Arias, l'un des producteurs d'Animatrix qui occupe également un poste de consultant en effets spéciaux et technologies digitales à Tokyo. "Dès qu'ils ont eu l'idée du scénario de Matrix ils savaient que l'animation japonaise était le média parfait pour repousser les limites du concept qu'ils avaient en tête. En plus, de cette manière ils pouvaient rendre hommage à des auteurs les ayant beaucoup influencés, comme Mamoru Oshii, Katsuhiro Otomo ou Yoshiaki Kawajiri. Ce dernier a d'ailleurs très activement participé à l'élaboration d'Animatrix en réalisant un court-métrage et en écrivant le scénario d'un autre. C'est là l'autre type d'interactivité qui était recherchée par le biais d'Animatrix".
   
   
Animatrix est le résultat de trois ans de collaboration entre les frères Wachowski et un groupe constitué par les meilleurs animateurs travaillant au Japon, aux USA et en Corée. Jamais aucune expérience similaire n'avait été tentée dans un contexte de production aussi ambitieux. Une logistique très complexe a pour l'occasion été dirigée par Michael Arias, Hiroaki Takeuchi, Eiko Tanaka, Joël Silver et les frères Wachowski, pour offrir une réelle liberté à des artistes venant d'horizons différents. En gérant au mieux leurs sensibilités et leurs talents hétérogènes, les producteurs sont parvenus à conserver la cohérence d'Animatrix et surtout à illustrer un nombre impressionnant de zones d'ombres parsemant la trilogie des Wachowski. Ils ont offert par le biais d'une série d'OAV (Original Animation for Vidéo) un supplément de sens et d'âme à l'une des franchises cinématographiques les plus prisées et les plus rentables de tous les temps. Cette perspective avait pourtant de quoi donner des sueurs froides à plus d'un "exécutif". Mais, fort de ses nombreuses collaborations avec les studios Madhouse, 4°C et Square (Final Fantasy, The Spirits Within), Michael Arias est parvenu à guider Joël Silver et les frères Wachowski dans le labyrinthe de l'industrie de l'animation japonaise...
   
   
   


 
   
Enter The Matrix, quoi que l'on puisse en penser, n'est pas la simple transposition du deuxième opus du film sur nos PC préférés. Le jeu, aux dires de l'éditeur, vient compléter le film en proposant une histoire dans l'histoire. Ainsi, il n'est pas question de prendre le rôle de Neo, de Morpheus ou de Trinity mais plutôt de choisir entre Niobe et Ghost qui font aussi partie du groupe de rebelles de Morpheus, leur histoire venant croiser celle des héros du film. Les fans seront heureux d'apprendre que les frères Wachowski ont participé activement au développement. Ce sont eux qui se sont occupés de l'histoire et du scénario du jeu ce qui assure une meilleure imbrication du jeu avec les deux épisodes du film. Tout ceci pour vous dire que vous pouvez très bien jouer au jeu sans avoir (encore) vu le film sans que cela ne ruine le moins du monde le suspense. Certains passages du jeu viennent éclairer le film en apportant quelques pièces supplémentaires au monde de Matrix.
   
   
Enter The Matrix se présente comme un jeu d'action à la troisième personne et s'apparente assez fortement à un Max Payne ou à BloodRayne. A sa sortie, le jeu de chez Remedy avait fait son petit effet avec le fameux bullet time et tout le monde avait noté les cruelles ressemblances avec le film Matrix. Je ne tairais pas de gros secrets en vous disant que le jeu reprend à son compte le ralentissement du temps tout en décuplant ses possibilités. Niobe (ou Ghost suivant votre choix de départ) dispose donc en plus de la classique barre d'énergie d'une barre de concentration. En maintenant enfoncée la touche majuscule, on consomme la concentration dont le premier effet est un ralentissement du temps. Il devient dès lors possible d'éviter les balles ennemies qui sont rendues visibles dans ce mode. L'utilisation de la concentration ne s'arrête toutefois pas là puisque, concentré, notre avatar est capable de sauter plus haut, de courir sur les murs, de prendre appui sur une cloison pour cogner un ennemi et de tirer plus précisément. Vous l'aurez compris, la concentration revêt une importance capitale et c'est grâce à elle que l'on tirera la substantifique moelle du jeu.

Au fur et à mesure de la progression, des conseils sont donnés au compte-goutte sur les capacités de Niobe. On apprend petit à petit qu'il est possible de se plaquer contre les murs ou d'étouffer un ennemi (à la manière de Sam Fisher dans Splinter Cell). Que l'on peut passer en mode à la première personne pour tirer plus précisément. Ou encore que l'on peut prendre l'arme d'un ennemi au corps à corps et l'utiliser tout de suite après pour le terminer. Autant dire que cette idée de distiller des astuces petit à petit est un vrai bonheur et qu'il est vraiment appréciable de découvrir, même après plusieurs heures de jeu, des nouvelles possibilités de déplacement et d'attaque. Aux séquences d'action proprement dites dans lesquelles les combats ont la part belle, alternent des séquences de conduite de voiture ou de vaisseau et des cinématiques. Les premières s'apparentent à ce que l'on trouve dans un Need for Speed : Poursuite infernales... Mais en beaucoup, beaucoup moins bien. Le contrôle à la souris est peu probant, les graphismes sont répétitifs et le gameplay n'est pas franchement emballant. On pourrait dire à la décharge des développeurs que ces séquences, qui sont plutôt courtes, viennent renforcer l'immersion du joueur en rapprochant l'action des cinématiques. Celles-ci sont d'ailleurs plutôt fournies avec en sus des séquences réalisées avec le moteur du jeu, des vidéos au format DivX filmées exclusivement pour le jeu par les réalisateurs du film.

Les amateurs avertis reconnaîtront les fortes ressemblances de certains moments du jeu avec des passages du premier ou deuxième épisode du film. Le passage sur les toits, poursuivi par un agent, ressemble comme deux gouttes d'eau à la séquence similaire du premier film. Mêmes toits en dents de scie, même plafond qui s'effondre... L'ambiance sonore est elle aussi très fidèle au film et cela faisait plusieurs mois que je n'avais pas été autant emballé par les musiques d'accompagnement d'un jeu. Des samples très rythmés, alternativement rock ou techno se déclanchent dès que l'action se met en branle ce qui amène une dose d'adrénaline à un moment ou il n'en manque pas.
   
   
Action variée, gameplay innovant, cinématiques de qualité, ambiance sonore décapante... A part les séquences de conduite, plutôt basiques, Enter The Matrix pourrait presque donner l'impression d'être le jeu ultime. Un détail vient toutefois entacher ce beau tableau: La réalisation ! Les animations de Niobe ou de Ghost sont certes très détaillées avec, dixit le développeur, près de 1.000 mouvements différents mais la puissance demandée est en conséquence. Jugez plutôt. Avec un Pentium 4 2Gz épaulé par une vieillissante mais toujours vigoureuse GeForce 4 Ti4200, il faut jouer en 800x600 pour avoir une action fluide en permanence, en particulier lorsqu'il y a de nombreux ennemis proches ou en extérieur. Le jeu est toutefois jouable et fluide le reste du temps en 1024x768. Ce qui est étonnant c'est que c'est le moteur 3D de Unreal Tournament 2003 qui a été utilisé pour le jeu et que celui-ci, bien qu'assez gourmant ne semblait pas boulimique à ce point. Ajoutez à cela des décors très passables et les nombreux bugs graphiques, dont certains sont corrigés par le premier patch déjà dispo et vous comprendrez que le développeur a du être quelque peu bousculé par le service marketing pour lancer le jeu à la date de sortie du film. C'est vraiment dommage dans la mesure ou Enter The Matrix aurait pu être LE jeu culte, au même titre qu'un Splinter Cell.

Disposant d'une durée de vie d'au moins 15 heures, Enter The Matrix a réussi la prouesse d'être très fidèle au film tout en ne le parodiant pas ce qui, en l'occurrence, est une grande qualité. La présence des frères Wachowski au cours du développement n'y est certainement pas étrangère. L'utilisation de la concentration est assez aboutie et c'est avec beaucoup de plaisir qu'on rentre dans une pièce remplie de flics en armes en « se la jouant Matrix» : Je cours sur le mur, une rafale de MP5, roue, deuxième rafale, saut plongeant, troisième rafale, coup de pied tournant, je pique le flingue du policier qui « passait par là » juste le temps de lui vider mon chargeur dessus... La même séquence pourrait très bien se passer plus tranquillement en dessoudant un à un les flics à distance mais on se laisse vraiment prendre à ce petit jeu du ralenti. Là-dessus, bravo. Hélas, trois fois hélas, il faudra disposer d'une bonne machine pour pouvoir profiter pleinement de Enter The Matrix sous peine d'être très vite dégoûté par le mode diaporama de certaines séquences, et tout cela sans bénéficier de graphismes ou d'effets extraordinaires.
   
   
   


 
   
Vous l'aurez compris, The Matrix Online est un nouveau MMORPG : Massive Multiplayer Online Role Playing Game. Même si The Matrix Online fait partie des jeux attendus par de nombreux joueurs aux côtés de Half Life² ou et Doom 3, il existe déjà à l'heure actuelle de nombreux MMORPG : par exemple Ragnarok Online, World Of Warcraft, Dark Age Of Camelots, ou encore Everquest. Jouer à ce genre de jeu requiert énormément de temps libre, ce qui nous fait nous demander si les fans seront effectivement au rendez vous lors de la sortie officielle. Alors ? Révolution ou réalisation correcte mais sans plus à la Enter The Matrix ?